MARDIE ET SES HABITANTS

 

GENERALITES

 

La commune de Mardié est la seconde du Canton pour sa superficie, soit 1728 hectares; ses dimensions extrêmes sont :

            du nord-ouest au sud-est : 7 km 750,

            d'ouest en est: 4 km 500.

L'altitude de l'église est de 120 mètres, mais le point culminant est aux Breteaux à 121 mètres; le canal  et  la rivière  se  situent  à  105  mètres,  ce  qui fait  15  mètres  de  dénivellation. Les fermes principales ont pour surface : La Glazière environ 70 ha, Latingy environ 50 ha (Latingy a eu pour orthographes La Tingie, La Tingy,... Pour une commodité de lecture nous nous en tiendrons à "Latingy" dans ce document.), l'Etang et la Gaillardière 90 ha. La Perrière est aussi d'une certaine importance, mais le nombre des cultivateurs n'est plus ce qu'il était autrefois. Bon nombre de petites entreprises ont disparu et des activités nouvelles sont venues s'installer.

 

ORIGINE

 

II n'est pas possible d'affirmer que notre territoire fut occupé avant l'époque romaine, du moins peut-on le supposer du fait de l'importante découverte de la Butte Moreau à la limite nord de la commune. C'est vers 1883 qu'elle fut exploitée : il s'agit vraisemblablement de la tombe d'un personnage important puisqu'on avait jugé bon d'y joindre un important mobilier funéraire; d'après la nature des ossements il semblerait qu'il s'agisse de la sépulture d'une femme encore jeune, on pourrait la dater de l'époque dite de Hallstatt, soit environ 500 ans avant J.C. On a donc trouvé : une ciste à cordons de bronze (sorte de petit seau cylindrique. Cette ciste est déposée au musée de St Germain en Laye) contenant des cendres, des débris de tissus, un fragment de javelot en fer rouillé, trois torques (ou colliers) à boules, dont deux complets.

 

De même il a été trouvé sur la commune, mais sans que cela puisse donner une date quelconque d'occupation, des haches en silex taillé, une autre en pierre polie, une pièce carnute que l'on peut dater de la civilisation celtique.

 

Il est probable que la situation sur une hauteur, au bord de la Loire dont la tradition rapporte qu'elle coulait au pied du coteau a incité les peuples anciens à s'installer sur notre territoire. Les rivières étaient autrefois le moyen de communication le plus usité et, pour la vie courante, il était utile d'habiter près d'un point d'eau.

 

En ce qui concerne l'époque romaine, il faut dire que l'on a découvert, à flanc de coteau, des couches de tuiles plates à rebord sur environ une surface d'un demi hectare à près de 80 cm de profondeur. Ceci prouve indubitablement une occupation romaine.

 

Le nom de la commune peut être également une indication : l'origine la plus ancienne s'écrit MARDIACUS dans les diplômes de 990 et 991. On peut faire deux suppositions : ou bien il s'agit d'une ancienne villa romaine, puisque le suffixe "acus" ajouté à un nom de personne désigne en latin la propriété de cette personne; ou bien selon une autre tradition, on suppose au contraire que l'église de Mardié a succédé à un temple païen dédié au dieu Mars. De toute façon, il n'est pas possible de conclure de façon affirmative.

 

Il faut ajouter que notre commune était traversée par une route romaine très importante : la voie d'Orléans à Autun; elle quittait Orléans par la porte de Bourgogne, suivant sensiblement jusqu'ici le tracé de la N. 460 (ainsi dénommée en 1993), passant le Cens à Pons Ossantiae (pont sur oussance). Quelques traces de l'ancien pavage se trouvent encore à l'occasion de fouilles : elles sont à 2 mètres de profondeur constituées par une couche très résistante de cailloux de Loire et de moellons. Cette couche a environ l mètre d'épaisseur jusqu'à Saint Aignan des Gués; la route d'Autun se confondait avec celle d'Orléans à Auxerre.

 

L'histoire de notre commune, jusqu'à environ l'an mille est assez obscure puisque le plus ancien document où figure le nom de Mardiacus est un diplôme du roi Lothaire de 956 par lequel ce prince confirme les édits de ses prédécesseurs relatifs aux possessions dont jouit l'église d'Orléans sur la commune.

 

HAUT MOYEN AGE – INVASIONS

 

Entre temps ce ne fut pas pour nos aïeux une période de tout repos car la Loire et la belle route d'Autun constituaient des voies de pénétration toutes tracées pour les différents envahisseurs, lesquels, bien entendu, ne se gênaient en rien pour piller et voler tout sur leur passage.

 

Ce fut d'abord l'invasion assez pacifique des Francs et des Alamands vers 275-76. Rome leur distribua des terres pour avoir la paix. A la fin du Vème siècle ils sont définitivement installés. Nous vîmes ensuite probablement passer les Huns qui vinrent près d'Orléans dans le but de traverser la Loire; Attila mit le siège mais il fut repoussé, grâce à la prière de St.Aignan, dit la légende en 451. Ce ne fut pas une franche défaite, mais plutôt des accrochages, le général Aetius les combattit; il avait avec lui les Wisigoths, les Burgondes, les Francs, les Armoricains. Sous la conduite de Mérovée, ils les poursuivirent jusqu'aux Champs Catalonniques prés de

Chalons.

 

Si l'on se place au point de vue religieux, notre région ne fût systématiquement évangélisée qu'après la paix constantinienne, vers 313, par des missionnaires venus de Sens; mais les gallo-romains paraissent avoir longtemps gardé confiance envers les anciennes divinités et notamment le dieu Mars. St Martin est évêque de Tours de 371 à 397.

 

Clovis arrive à Tours en 508, il est vainqueur des Wisigoths d'Alaric. C'est la Gaule franque. Une paix relative s'installe. Nous sommes au Haut moyen-âge, époque des Mérovingiens. Les Carolingiens n'apparaîtront qu'avec Charles Martel vainqueur des Arabes en 732. Lorsque Clovis mourut, Orléans forma l'apanage d'un de ses fils. Réunie à la couronne, elle fut à nouveau détachée du domaine royal auquel elle ne fut rattachée que par Hugues Capet en 987. L'Orléanais fut assigné depuis cette époque comme apanage des enfants de France.

 

Nos aïeux durent ensuite faire face aux invasions normandes : les Vikings commencent à remonter la basse Loire vers 853. Peu à peu ils remontent jusqu'à Tours puis Orléans qui fut pillée deux fois, et même Fleury sur Loire (aujourd'hui Saint Benoît ), en 865. C'est ici que se place l'épisode de St. Martin qui devait devenir le Saint patron de notre paroisse. Deux fois, les moines durent fuir la ville de Tours emmenant les reliques du saint et allèrent se réfugier à Cormery puis à Auxerre. Ce fait est représenté en médaillon sur un vitrail de la face nord de notre église. C'est au retour qu'ils s'arrêtèrent chez nous ainsi que dans plusieurs autres paroisses des environs, en 877. Une première ébauche d'édifice date vraisemblablement de cette époque. Les pillards firent plusieurs raids jusqu'à Fleury, dont le dernier en 879 et ce fût certainement une période fort troublée, dans notre région.

 

C'est à cette époque que l'on vit apparaître les premières forteresses qui ne sont que des mottes de bois et de torchis dont il ne reste rien avant d'être des donjons carrés un peu plus solides.  Des lieux de culte commencent à s'élever, mais les toutes premières églises n'apparaissent qu'à partir du XIéme siècle. Pour celle de Mardié, la nef en est fort ancienne, mais il n'est pas possible de la dater d'autant plus qu'elle a dû subir un ou plusieurs incendies.

 

CHAPITRE DE SAINTE CROIX

 

L'église, ainsi que la paroisse qui l'entoure dépend maintenant du Chapitre de Sainte Croix d'Orléans (assemblée de chanoines qui vivent à côté de l'évêque). Ce domaine lui fut donné par la royauté, à une époque impossible à préciser. D'après Tillier et Jarry (Cartulaires de Sainte Croix) la dotation primitive doit remonter aux mérovingiens. Puis il y eut des spoliations, puis des restitutions par les premiers carolingiens ( Pépin, Charlemagne et ses successeurs).  Il  n'existe  de  cela  aucun  document  authentique,  mais  seulement  des confirmations, depuis Charles le Chauve et ses successeurs Louis le Pieux, Carloman, Lothaire, Louis V, Hugues Capet et Robert.

 

Le diplôme de Lothaire déjà mentionné plus haut énumère les églises que le roi Raoul restitua à l'évêque d'Orléans. Il cite : in Mardiaco ecclesia una (à Mardié une église). Donc dès avant Raoul (923-936) il existait à Mardié une église; ceci fut confirmé en 990-991 par Hugues Capet et son fils Robert. Nouvelle mention dans une bulle du II février 1151 par laquelle le pape Eugène III prend sous sa protection et confirme les possessions du Chapitre de Sainte Croix. C'est la première fois que l'on distingue les biens de l'évêque et ceux du Chapitre. C'est ainsi que ce dernier est devenu le seigneur spirituel et temporel de Mardié; il le restera jusqu'à

la Révolution.

 

CENS ET DIME

 

A ce titre, il perçoit initialement les cens et les dîmes. L'origine en remonte au haut Moyen-Age. Ne pouvant assurer lui même la mise en valeur des terres qu'il possédait, le Chapitre fut amené à les aliéner en faveur des habitants, moyennant une redevance minime : le cens essentiellement dû par la terre, à titre perpétuel.

 

Les titres du Chapitre ont conservé un bail à cens de juin 1339 : C'est une concession à perpétuité de plusieurs pièces de terre à Pierre Paleteau (clos Prévost et clos de la Fenouillére). Le cens était de 6 deniers parisis par arpent payable le jour de la Saint Rémi. Puis à partir d'une certaine époque, les chanoines cessèrent de percevoir eux-mêmes le cens; ils le donnèrent à bail à des adjudicataires qui, moyennant une redevance fixe, levaient les cens à leur profit, cette ferme était donnée pour une durée de 3 à 9 ans. C'est ainsi que l'on trouvera sur la commune différentes censives. Presque toujours le fermier était un vigneron ou un marchand du pays bien placé pour se faire payer; les cens s'acquittaient sous le portail de l'église. Faute de payer, le censitaire devait 5 sous parisis de défaut; à chaque mutation, il était dû un droit de relevoison de l denier pour 6 deniers de cens.

 

Le Chapitre percevait aussi la dîme. L'origine de cette institution est fort ancienne puisqu'elle tire son origine de la Bible. Initialement il s'agissait de donner le dixième des produits du sol et du bétail, ceci pour subvenir aux besoins religieux. C'est un cartulaire de Charlemagne en 779 qui l'imposa à titre obligatoire; elle se payait primitivement en nature, mais des usages particuliers s'établirent, et modifièrent la quotité et le mode de paiement.

 

A Mardié, le curé primitif étant le Chapitre de Sainte Croix, ce dernier était donc gros décimateur de la paroisse. Il faut noter qu'à la suite d'on ne sait trop quelle inféodation, une partie de la dîme passa aux mains des laïcs : ainsi au début du XIIIème siècle Jean Papin possède la dîme du vin et du blé du val de Colmine, en octobre 1219, il la vend au Chapitre pour 26 livres parisis. Le Chapitre de Saint Avit possède un droit de dîme sur un lieu appelé Nonneroy. Le prieuré de Pont aux Moines a une petite dîme, qui en 1769, est affermé 45 livres.

 

Il y eut des contestations relatives aux limites territoriales de la dîme du côté de Donnery : une transaction est conclue le 13 juin 1519; on fera un bornage pour fixer les limites avec la dîme de Donnery. En 1640 nouvelle instance du curé de Donnery qui fut débouté devant l’officialité d'Orléans

 

Sur notre commune, pays de vigne, la dîme du vin était fort importante. Jusqu'au XIIIème siècle, elle était payable en nature : l jalée par muid. En 1218, on décida qu'on ne la fournirait plus en proportion de la quantité de vin récolté, mais en raison de la surface de la vigne. On recourut encore à un arbitrage : la dîme sera de trois jalées par arpent. Puis quelques personnes dont le chevalier Milon de Pont aux Moines (1222) voulurent acquitter la dîme en argent : quatre sols parisis pour 2 arpents de vigne.

 

Ainsi, jusqu'à la Révolution on discuta de la nature et du montant de la dîme. On trouve également une dîme du grain, au 18ème siècle; elle est de 2 gerbes par arpent, mais elle a nettement moins d'importance que celle du vin puisque le territoire de la commune était presque entièrement couvert de vigne.

 

Mentionnons que la dîme fût bientôt affermée tout comme l'était le cens. En effet, il arriva un moment où les chanoines trouvèrent plus commode de céder leurs droits à des locataires ou adjudicataires qui, moyennant une redevance fixe, en faisaient leur affaire. Les archives du Chapitre conservent un bail de 1495 qui comprend les dîmes et les cens, sa durée est de trois ans, le fermage est de 26 livres tournois, le paiement a lieu à la Saint Rémi. En 1540, la dîme du grain est affermée à Noble Homme Robert Colin, seigneur de Mardié; puis on les adjugea au plus offrant sous le porche de l'église. Dans l'adjudication du 26 juin 1558, la dîme est adjugée au curé, pour 27 livres tournois, payables à la Saint Martin d'hiver. Celle de juin 1646 impose à l'adjudicataire de payer au curé le gros qui lui est dû, ainsi que la novale, et d'entretenir la grange duneresse : il fallait en effet que le curé de la paroisse puisse subsister, il avait seulement droit à la portion congrue qui ne lui donnait pas un sort très enviable. Cependant après 1769, la dîme fut levée directement par le curé, le dernier bail est passé par le curé Vincent, en 1790, moyennant 880 livres en argent, 3 muids d'orge, 4 d'avoine et 25 bottes de paille.

 

La dîme fat abolie légalement par le décret du 4 août 1789. Elle subsista longtemps dans les moeurs : après la Révolution, les cultivateurs offraient au curé leur plus grosse gerbe et vers 1860 on faisait encore la tournée du vin pour offrir un tonneau à Monsieur le curé; l'abbé Maugiton fut le dernier bénéficiaire de cet usage.

 

Notons, pour terminer, que le Chapitre de Sainte Croix, en tant que seigneur spirituel et temporel de la paroisse, disposait de la haute, moyenne et basse justice sur les habitants de Mardié.

 

 

 

Hôtel-Dieu en 1112

 

 

LE BAS MOYEN AGE

 

C'est en 1147 qu'il faut situer l'affranchissement des serfs par Louis VII à Orléans et "dans les autres villages contenus dans les trois lieues yceux. Il affranchit, délivre de toute servitude et sujétion pour eux et leurs enfants, fils et filles, comme s'ils étaient nés de franche condition et non servile". Le bas moyen âge ne fut pas une période facile, il fallut faire face à de nombreuses épidémies dont la peste ajoutée à des temps de disette. Ce fut une grande désolation dans les campagnes de l'Orléanais .A la fin du 14eme siècle, une importante fiscalité se développe; il faut payer les aides, la gabelle (1341), la taille, le grenier à sel. Les aides se

prélevant sur la consommation, la taille sur le chef de famille, puis sur les terres roturières. Il faut acheter une quantité obligatoire de sel, et son prix est en constante augmentation, ce qui donne lieu à une importante contrebande.

 

Les maisons sont en grande partie construites en bois d'où la fréquence des incendies. Pourtant au moyen âge, tout est prétexte à réjouissance; le vice de la chair n'est plus un péché, un grand culte est rendu aux saints afin qu'ils fassent cesser les épidémies.

Remarquons également que les Jacqueries qui débutent en 1358 n'ont que peu d'importance dans les pays de vignoble. Mais la misère des campagnes incite les paysans à l'émigration vers les villes, d'où une dépopulation et des abandons de terre, surtout que cette dernière était déjà à cette époque très morcelée. Pour s'en sortir, les paysans sont en même temps meunier, charron, bourrelier, forgeron, ou se font embaucher dans les fermes comme manouvriers pour la moisson, la fenaison, les vendanges; et déjà l'on parle de l'inflation.

 

Puis vint la guerre de cent ans avec tout son cortège de destructions. Nous dûmes subir des passages de troupes avec pillages, rançons, occupation de la part des Anglais investissant Orléans. Les mouvements de troupe se faisaient par vague; des bandes armées parcouraient la campagne, même parmi les compagnons de Jeanne. Le 12 juin 1429 elle vint à Châteauneuf où elle chassa quelques Anglais et réunit des officiers au château. En août, Jargeau fut occupé par la garnison anglaise du Comte de Suffolk, les hommes venant de Montargis se répandant dans la région.

 

MALADRERIE

 

L'épidémie de lèpre ramenée par les croisés conduisit à la construction de nombreuses maladreries dont une à Pont aux Moines. Le roi Louis VII établit en France l'ordre des Chevaliers de Saint Lazare et leur confie la direction des maladreries du royaume; il fixe leur résidence principale au château royal de Boigny-sur-Bionne, qui fut le siège du grand maître de l'ordre. L’existence de la léproserie de Pont aux Moines nous est révélée par un acte de janvier 1221, des Cartulaires de Sainte Croix : cet établissement devait, pour ses vignes, la dîme au Chapitre de Sainte Croix, curé primitif de la paroisse. Il est question de payer cette dîme en

proportion de la surface, au lieu de la quantité de vin récolté; le maire de la commune refuse cet engagement et continuera de payer une jalée par muid de vin.

Les pouillés de la province de Sens, du XVIème siècle, citent également dans les établissements relevant du Chapitre : 'Leprosiara seu hospitale Pontis Monachorum". La tradition rapporte que ce modeste hôpital était établi dans une ancienne maison de Pont aux Moines qui existe encore à gauche en descendant et dont le pignon fait face à la rue; le bâtiment semble très ancien et la porte qui donne sur la cour est surmontée d'un écusson qui ne porte aucune trace

d'armoiries.

En 1540, l'administrateur François Thisonneau, prêtre aumônier du roi et archidiacre de Beaugency fait un échange pour le compte de la maladrerie avec le propriétaire de Latingy, M. Courtin de Rosay : il donne deux pièces de terre tenant de trois côtés aux terres de Latingy contre une rente perpétuelle de 6 livres par an. Au dire des experts, six notables marchands de Mardié, les malades ne perdaient pas au change car la terre en question ne valait pas cher.

 

La maladrerie de Pont aux Moines de même que celle de Saint Nicolas de la Noue, paroisse de Saint Denis les Jargeau fut réunie à l'Hôtel Dieu de Jargeau par arrêt du Conseil des 13 janvier 1696 et 20 juin 1698, Louis XIV ayant ordonné aux établissements qui fonctionnaient peu de se réunir aux grands établissements voisins. Les autres maladreries disparurent également peu à peu à mesure que la lèpre s'effaçait.

 

GUERRES DE RELIGION

 

De 1450 à 1560 la population connut une période de calme : la campagne se repeuple, la production gonfle, la lèpre s'évanouit au XVIème siècle, la mortalité de peste se fait moins virulente; les emprunteurs profitent de l'inflation, les impôts augmentent en nominal mais le chiffre des revenus fait de même rendant la chose supportable. Notons cependant quelques périodes de disette au milieu du XVIème siècle. On assiste à une renaissance de la viticulture dans les pays de Loire.

 

C'est sur une telle situation que les idées de Luther et de Calvin commencèrent de faire leur apparition en France dans la première moitié du XVIéme siècle. Remarquons toutefois que le protestantisme pénètre peu dans le monde rural car peu de personnes savent lire, donc les discussions sur la Bible ne sont pas à leur portée et aussi pour un motif plus frivole mais qui avait son poids : les réformés interdisent de danser et les paysans aiment cette distraction. Ceci n'empêcha pas que de graves désordres se soient produits dans la région. En 1562, les protestants brûlent tout à Jargeau : croix et bannières de procession, etc... St Germain de

Chécy fut incendiée, elle ne se releva jamais de ses ruines.

 

Jargeau se mit du côté des ligueurs et les trois rois en firent le siège : Henri III, Henri IV et le roi d'Yvetot. Pour empêcher la prise de la ville, les ligueurs d'Orléans se sont embusqués entre Mardié et Donnery, mais repartent vers la porte de Bourgogne en voyant l'armée ennemie bien rangée. La ville fut reprise en juin 1589.

 

Orléans continua d'entretenir des garnisons aux alentours : des forts à Pont aux Moines et à Chécy, l'une commandée par Claude de Boisson avec pour lieutenant Guillaume Gillet. Il fallait loger chez l'habitant les troupes de passage, donner le lit et le couvert, une place au feu, de la chandelle et l'homme faisait souvent main basse sur beaucoup de choses. Un bande de soudards incendia en partie notre église et la pilla; cependant la soumission d'Orléans au roi Henri ramena la tranquillité dans la région. Ajoutons que beaucoup plus tard, louis XIII passant par Orléans constate que la garnison huguenote de Jargeau fait des courses et des ravages dans la Beauce et la Sologne même jusque dans les faubourgs d'Orléans, empêchant la liberté du commerce et des chemins, volant les marchands dans la forêt d'Orléans.

 

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