LES BRETEAUX

 

Il convient d’étudier séparément ce hameau de Mardié car son histoire ne se confond pas avec celle du reste de la commune. Ce n'est qu’en l'an 1175, que le roi Louis VII qui tenait des terres aux Breteaux, en cède une partie à la communauté villageoise, on ne sait pour quel motif, selon les normes de la charte de Lorris ce qui lui garde les droits et revenus de cette terre. Puis plus près de nous, les archives d'Alonne nous apportent quelques renseignements. C'est ainsi que l'acte le plus ancien que nous possédions est un acte de foi et hommage du 10 juillet 1338 de Jehan Musnier dit Haren, tanneur, demeurant à Orléans, à noble homme

Monseigneur Geoffroy de Saint Cimont, chevalier, pour les héritages qu'il a au lieu appelé Breteaux à cause de sa femme Margueritte; les cens lui sont dus le jour de la Saint Rémi.

 

Nous avons également un autre acte de la même année; il s'agit d'un aveu et dénombrement (reconnaissance de suzeraineté) de Etienne de Montizambert, écuyer, établi en la ville de Jargeau à l'égard du même noble homme Geoffroy de Saint Cimont, chevalier pour le lieu de Breteaux. On cite des terres au clos de la Bromillière, de la Malécotière, de Tolifant, de Mautertuis, des Closeaux (ou Clouseau). Monsieur de Montizambert a des arrières vassaux : Louis Beaupère pour une masure au chemin de Villeberge, Jehan Larmitte pour la moitié d'une masure et des terres au clos de Closeau; de même pour Guillaume Larmitte, Jehan de

Longueau écuyers pour des bois et bruyères au clos de Jarandon.

 

On retrouve les mêmes acte de foi et hommage par Jehan Musnier, puis sa veuve en 1403, 1414, 1432. En 1465 on trouve un aveu de la veuve Estienne Legastellier pour le même lieu appelé Breteaux; elle a un vassal, Guillot Branger pour « une note ou jadis soûlait avoir maison" au clos de Closeaux, tenant à la rue qui va du puits de Villeberge à Notre Dame des Barres. Enfin en 1519, réception de foi et hommage par Jehan Compaing marchand d'Orléans d'une moitié indivise avec Jehanne Beruyer, veuve Philippe Saulsoye pour une censive aux Breteaux.

 

Les actes les plus récents sont plus explicites : 30 juillet 1621, acte de foi et hommage par Jehan Alleaume, marchand à Orléans à François de Foyal, écuyer, seigneur d'Alonne, de Donnery et du Four à Ban de Vitry, avec sa femme Louise de Paris, toujours pour un lieu appelé Breteaux ainsi décrit : Une maison avec grange, puits à eau, jardin, vignes et terres aux alentours.

 

18 septembre 1700 - Aveu et dénombrement de noble homme Jean Alleaume à Messire Nicolas de Foyal, chevalier seigneur d'Alloué, du Four à Ban de Vitry pour un lieu de vignes appelé la Grande Maison de Breteaux, tenant d'un bout à la rue du puits de Villeberge à aller de Chécy aux Barres, d'autre bout par devant à la rue appelée la rue de Saint Vrain.

 

Enfin nous avons tous les détails de la seigneurie des Breteaux dans l'aveu et dénombrement de Messire Daniel François Legrand, écuyer, seigneur de Melleray, de Chécy, de la Bretauche, la Caillaudière, Villiers, les Breteaux de Mardié, Intendant des maison, domaines et finances de son altesse sérénissime Monseigneur le duc d'Orléans, chevalier d'honneur au bureau des finances de la Généralité de Bourges, conseiller du roi et de S.A. S. et leur procureur honoraire au baillage et siège présidial d'Orléans, demeurant ordinairement au Palais Royal à Paris (paroisse St. Eustache), à Messire Pierre Jules le Duc, seigneur d'Alloué, Dounery, La Touche,

le Four à Ban de Vitry, pour raison de la seigneurie, justice basse et censive de Breteaux s'élevant à 20 ou 21 livres de menus cens par an payable au lieu seigneurial de la Bretauche, le premier dimanche après la Saint Martin d'hiver.

 

Détail des héritages qui paient cette censive :

Le Clos des Clouzeaux ou Guillemette de 31 arpents 91 perches, à raison de 10 deniers parisis par arpent,

Le Clos de la Malécotière, de 11 arpents,

Le Clos de la Potence ou Champ Quarré de 5 arpents 33 perches,

Le Clos de la Frenerie de 10 arpents et demi quartier,

Le Clos de la Motte Biaise, de 37 arpents 50 perches

Le Clos de la Perrière de 6 arpents 41 perches,

Le Clos de Champ Long de 28 arpents 18 perches,

Le Clos de Terres Fortes de 21 arpents,

Le Clos de la Chantelerie de 6 arpents 50 perches,

Le Clos de Pierre Chemala de 4 arpents et 91 perches,

Le Clos de la Glazière ou le Gros Chêne de 24 arpents 50 perches,

Le Clos des Ouches ou des Arrachis de 44 arpents et 75 perches,

Le Clos des Grandes Vignes ou des Apentis de 33 arpents 25 perches,

Le Clos du Chaillot de 10 arpents et 50 perches,

Le Clos des Gringuenières de 63 arpents,

Le Clos de Girodon de 60 arpents et 12 perches,

Le Clos de la Bruyère Retournée de 28 arpents et l tercier,

Le Clos de la Bretonnerie de 35 arpents.

 

A cela il faut ajouter 37 arpents et demi de bois en grume faisant la moitié de 75 arpents en un seul tenant, sis en la garde de Courcy, sergenterie de la Coulinière, appelé la vente de la censive des Breteaux qu'il possède par indivis avec le sieur Gabriel François Grignon de Bonvallet, écuyer, contrôleur des guerres (lequel habite le Plissay).

 

Tous les susdits clos composant cette censive des Breteaux sont limités au total à l'ouest par le chemin allant de la Croix Villeberge aux Barres, au midi par un chemin allant de la Croix Villeberge à la vallée des Jorredons séparant Mardié et Chécy passant devant la Croix Ferrée, à l'est par une voirie venant de la forêt le long du bois de Reuilly et du nord par la forêt.

 

Le tout appartenant au sieur Legrand comme héritier de son oncle défunt Messire Pierre Legrand de la Caillaudière, prêtre chanoine de l'église d'Orléans qui l'était de son frère Messire François Legrand conseiller du roi et de S.A.S. monseigneur le duc d'Orléans, qui l'était de son père Messire François Legrand, conseiller du roi et de S.A.S. Monseigneur le duc d'Orléans, avocat au baillage et présidial d'Orléans à qui la censive appartenait au moyen de la licitation faite le 20 mars 1681 entre Anne Leredde, veuve Jacques AUeaume, marchand bourgeois de Paris et ledit sieur Legrand à qui la moitié appartenait déjà comme héritier de François Legrand son père, avocat du roi, qui avait acquis ladite moitié de Christophe Tricquois, sieur de la Caillaudière.

 

On constate donc que, aux XVIIème et XVIIIème siècles, la plus grande partie des Breteaux dépendait du seigneur de Donnery et se trouvait ainsi totalement isolé du reste de la commune,qui lui, dépendait du Chapitre de Sainte Croix.

 

Le dernier acte que nous ayons est une adjudication du 31 août 1781.Il s'agit d'une maison de vignes appelée Berteaux (on retrouve cette appellation dans plusieurs actes de l'état civil, l'orthographe des lieux n'étant pas encore définitivement fixée). C'est une maison bourgeoise à étages, attenant à une maison de vigneron avec grenier, toit à vaches, cour, puits à eau, jardin, vignes et terres tenant du levant aux héritages de la maison de vignes, du couchant à la rue Guillemette, du nord aux terres de la Glazière - Un arpent devant maison est planté d'ormes en quinconce appartenant à Messire Louis Brizard curé de Marigny et sa soeur Marie Françoise;

le tout est acquis par Jean Henry, écuyer, conseiller secrétaire du roi en la maison et couronne de France.

 

Aussitôt, le dit Henry porte foy et hommage au seigneur Jules le Duc d'Alloué pour raison de la Grande Maison de Breteaux.

 

Au XIXéme siècle, la Grande Maison fit un moment partie du domaine du Plissay; elle se trouve donc avoir joué un grand rôle dans l'histoire des Breteaux. Elle appartient aujourd'hui à de modestes cultivateurs.

 

Mentionnons ici pour mémoire, l’existence autrefois de la chapelle Notre Dame des Barres dont il ne reste rien. Elle devait relever de la paroisse de Boigny.

 

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