Les Cahiers de Doléances 1789

 

Taille en 1788: 49971. l0s. Principal : 23591. l0s. ; accessoires et capitation : 26381.

L'Assemblée électorale le vendredi 27 février 1789 s'est tenue au banc d'oeuvre de l'église. Sous la présidence de Nicolas Johanneton, procureur fiscal de la justice de Sainte-Croix d'Orléans, assisté de Claude Espaulart, son commis-greffier, Mardié a rédigé son cahier de doléances.

 

Comparants: Claude Jobet, syndic.

Joseph Asselineau; Pierre Aubert; Guillaume Barré; Antoine Bâtard; Pierre Bemardeau; Jean Bonneau; Michel Chenaut, marguillier; Claude David; François Dunau; Pierre Dunau; Etienne Dupuis; Nicolas Dupuis; Denis Gauguin; Jacques Gond; Jacques Gond; François Gorrant; François Guillery; Léonard Guillery; Jean Jacquet; André Pierre Jobet; Firmin Jobet; Marceau Victor Jobet; Pierre Jobet; André Juranville; Patrice Juranville; Jacques Landré; Sébastien Landré; Jacques Larousse; Charles Leclerc; Jean Leclerc; Joseph Leclerc; Jean Fiacre Lecointe; Jean Michel Lecointe; Pierre Lecointe; Nicolas Lemoine; Claude Pierre Levaché; Jean Baptiste Maugé; Jacques Merlin; Fiacre Picaut; Jean Picaut; Etienne Picot; Jean Pousot; Marceau Proust; Hilaire Ratouin; Louis Ratouin; Nicolas Ratouin; Pierre Ratouin; François Richard; Simon Thibault; Jérôme Vaillant.

Députés: Jean Pousot; Marceau Proust.

Population en 1790 : 147 feux.

 

La misère des campagnes est parvenue au comble tant par l'intempérie des saisons que par les impositions de toutes espèces.

Ces malheurs prennent leurs sources dans la cherté du pain, dans l'augmentation des gages des domestiques devenus excessifs par la rareté des bras.

Ces malheurs en ont encore produit d'autres : ils ont diminué considérablement le produit de leurs terres et ils n'en supportent pas moins les mêmes taux de tailles et impositions. Ces différentes impositions, qui se trouvent monter à la somme de 49991. l0s., sont au-dessus de leurs forces, et, réparties proportionnellement, les plus pauvres d'entre eux ont à peine de quoi y subvenir.

 

l. Ils demandent que l'impôt territorial ait lieu : que personne n'en soit exempt; que le haut comme le bas Clergé supportent les charges de l'Etat; que la Noblesse paie à proportion de ses biens

 

2. Ils estiment qu'il est décent et convenable que les curés aient un revenu au moins de 15001.; ce serait le moyen d'exempter les pauvres gens de la campagne du casuel et de la dîme, objets onéreux pour eux. La suppression des aides est le voeu de tous les habitants de cette paroisse.

 

3. Les habitants croient pouvoir proposer à Votre Majesté un moyen plus simple de perception : si, par exemple, les notables de chaque pays vignoble faisaient un inventaire après le vendange de chaque année. Votre Majesté, en mettant un impôt de 5 ou l0s. Par poinçon de vin pour la province d'Orléans, qui serait reçu par les collecteurs, recevrait un profit beaucoup plus considérable que celui qu'elle reçoit aujourd'hui.

 

4. La suppression des tailles et corvées doit aussi fixer votre attention,

 

5. Les habitants vous demandent. Sire, qu'il n'y ait qu'un seul poids, qu'une seule mesure et une même aune dans tout le royaume; le consommateur ne serait plus trompé, il est  bon d'observer que, dans cette paroisse, il y à 3 mesures, soit pour la liqueur, soit pour les grains : il y a la pinte d'Orléans, celle de Jargeau,et la mesure de Messieurs du chapitre de Sainte-Croix. Cette différence est nuisible pour les débitants comme pour les consommateurs.

 

6. Il serait bien à désirer que Sa Majesté voulût bien permettre de rembourser toutes les rentes foncières appartenant aux gens de mainmorte. Un règlement bien précieux pour les gens de campagne serait de fixer le coût des reconnaissances qu'il faut fournir aux seigneurs à chaque mutation.

 

7. Les habitants de cette paroisse, et singulièrement ceux du canton des Breteaux, éloignés d'une lieue du bourg de la paroisse, ainsi que 6 fermiers, demandent un vicaire.

 

8. Les habitants remontrent à Votre Majesté que le moyen le plus sûr pour encourager l'agriculture serait la suppression des droits de franc-fief qui gênent  le commerce des biens féodaux et les déprécient notablement. Celle des gabelles.

 

9. La suppression de toutes les charges qui sont onéreuses à l'Etat, comme Intendants de finances, receveurs généraux, receveurs des tailles, serait un grand bienfait de Votre Majesté. Lorsque ces derniers auront reçu 10 millions, il y en a l pour eux. Ils regardent comme bien inutiles les charges de trésoriers de France et généralement toutes celles qui coûtent à l'Etat.

 

10. Ils vous supplient de fixer votre attention sur l'administration de la justice; ils demandent que la justice se rende plus promptement et à moindre frais.

 

11. Toute la France ne doit pas être inquiète sur l'administration de vos finances tant que Monseigneur Necker vivra et sera en place.

 

12. Dans les moments présents et eu égard aux besoins de l'Etat, ils pensent qu'il faut laisser subsister un impôt quelconque sur le tabac.

 

13. Il faut faire payer une forte capitation aux laquais, gens inutiles au monde, fainéants, et la plupart déserteurs des campagnes, aux filles de chambre. Il faut un impôt sur les carrosses et cabriolets, dont il y a les 2/3 de trop.

 

14. Enfin les habitants notables de la paroisse représentent que la rigueur de l'hiver a gelé totalement leurs vignes, de manière qu'ils sont sans aucune espérance de récolte.

 

15. Supplient Sa Majesté d'accorder à l'Orléanais des Etats généraux à l'instar de ceux du Dauphiné.

 

31. La suppression des droits qui se perçoivent pour l'hôpital de Saint Charles «Saint Jean le Blanc», dépôt de la mendicité administré par les Etats provinciaux d'Orléans, que nous demandons toujours avec empressement.

 

37. Abolir moulins, fours et pressoirs banaux; que toutes les moutures soient payées en argent et non en nature.

 

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