PERIODE MODERNE
Petit à petit durant le XIXème siècle, notre commune prit l'aspect moderne
que nous lui connaissons, mais le moins qu'on puisse dire est qu'elle dut faire
face à bien des difficultés financières. Les registres des délibérations de
conseil traduisent assez clairement cette évolution. Ils débutent en 1800
(pluviôse an IX), le maire est M. Dupuis et il y a 8 conseillers. La commune
est pauvre, elle ne peut payer la garde champêtre, il faut désigner quelqu'un
qui l'exercera gratuitement; il aura la moitié des amendes qui appartiennent à
la municipalité. On n'en trouve pas; donc les cultivateurs veilleront eux-mêmes
à la conservation de leur propriété.
L'instituteur en titre a trouvé des avantages dans une autre commune, il
faudra donc en chercher un autre.
Pluviôse an XI -Le maire fait des avances à la commune, il ne peut
continuer et demande qu'on lui rende son dû.
29 frimaire - II faut loger le curé, on n'a plus de presbytère, on donnera
donc au desservant une indemnité de 140 francs; une quête faite plus tard à cet
effet obtiendra 95 dons 24 refus et 9 promesses. On ne peut lui payer son
traitement, le revenu des places, des bancs ne peut que fournir les objets du
culte; en 1806 il réclame son indemnité de logement.
Dans le relevé des dépenses de l'an XII on note : loyer de la chambre qui
sert de mairie, 30 F., tambour et affiches 24F.,
entretien de l'horloge 42F. Un arrêté du préfet voudrait nous faire supprimer
la chambre par mesure d'économie; or 'II est de toute nécessité que cette
chambre soit réservée, qu'on y place deux grandes armoires où seront tous les
papiers et registres d'état civil, 12 grandes chaises et une grande tableau
milieu". Il n'y a pas d'autre local pour loger ces papiers; on demande de
prélever 30 F. pour son loyer sur les 55 de disponibles (on y reçoit aussi les
déclarations de mariages).
3 juin 1806 -II n'y a pas d'instituteur depuis plusieurs mois; le sieur
Pierre Hervé n'est pas admis, son écriture n'est pas assez suivie, il manque
des principes élémentaires du Français et de l'orthographe, donc ne peut être
habile à donner de l'instruction aux enfants. Enfin le 6 octobre 1806, Siméon
Veillard est accepté, c'est un ancien receveur de la barrière d'Olivet : il a
fourni différents exemples d'écriture et calcul, il réunit à une bonne moralité
toutes connaissances requises pour cette fonction. Nouvel engagement en 1807 :
Mademoiselle Anne Marie Maire, lingère est acceptée vu le certificat du jury de
l'instruction publique d'Orléans.
9 mai 1809 - Le préfet recommande plus de régularité dans la largeur du
chemin : les vicinaux auront 6 mètres, les autres 3 mètres. On peut s'exonérer
de la contribution en nature par une contribution en argent : pour une voiture
à cheval 6 francs; pour un ouvrier 2 francs la journée.
mai 1810-On fera vendre par adjudication les murs du petit cimetière qui ne
sert plus depuis plus de 30 ans : on utilisera l'argent pour les chemins ou
payer les dettes.
novembre 1810- Gardera-t-on le garde champêtre? oui!
mais on réduira sa solde de 180 à 100 francs.
mai 1811 - II faut choisir entre deux dépenses : le journal du département
ou remonter l'horloge. On supprime le journal, on garde l'horloge jugée très
utile.
21 février 1813- Dupuis est réélu maire, il prête serment à l'empereur.
Nous verrons ensuite le serment au roi, puis à la République! Chaque chose en
son temps.
Toujours manque de revenus de la fabrique pour loger le curé.
18 mai 1817- Formation d'un comité de bienfaisance pour soulager les
indigents et réprimer la mendicité : le desservant et 3 conseillers les plus
imposés composent le dit comité.
15 décembre 1817-On constate que beaucoup de gens ont leurs biens
hypothéqués par suite des malheurs des années dernières et des fournitures
données aux alliés.
26 novembre 1821- Circulaire du préfet; il faut acheter ou louer un
presbytère; le local occupé par le curé appartient à Joseph
Leclerc qui ne peut le vendre du fait delà minorité de ses enfants. Il veut
bien le louer : 150 francs par an pour 9 ans. Il semble que ce local peut se
situer comme faisant le coin à gauche en descendant à Bou.
25 août 1822 - Un bureau de poste est créé à Pont aux Moines, vu que le
plus près et le plus commode était jusqu'ici à Orléans.
6 mars 1826 - On se propose d'acquérir la maison qui servait autrefois de
presbytère pour être rendu à sa destination primitive. Elle est estimée 5.000
francs, le préfet donne 3.000 francs, il restera 2664 francs avec les intérêts
que l'on paiera en 5 ans.
12 janvier 1834 - On demande que les gens de Bou réparent la rue qui
descend au canal; ils l'ont démoli en transportant leur vin.
24 août 1834 - On accepte comme instituteur Monsieur Hébert sortant d'une
école normale.
L'année 1834 est fort importante puisqu'elle vit la création du cadastre;
ce dernier étant avant tout un document fiscal donc une base d'imposition
foncière; des commissaires classificateurs sont nommés pour faire les
évaluations cadastrales. Ce document existe toujours et beaucoup de nos
concitoyens le connaissent bien. Son étude nous apporte une idée fort précise
de l'état de la commune à cette époque là. Si les maisons sont assez groupées
dans le bourg et le long
de la rue des Basroches, elles sont ensuite beaucoup plus clairsemés. Nous y
trouvons la disposition des moulins à vent : ils sont au nombre de quatre; un
sur la hauteur à gauche en montant à Beauregard, et trois autres dans la rue
des moulins dont deux à droite section M et un à gauche en regardant vers Chécy
section L, ce dernier passa ensuite à droite.
Les moulins n'ont pas forcément la vie longue, construits en bois, ils sont
relativement fragiles. On en trouve d'autres un peu plus tard tels le Moulin
Juranville, section K donc sur la rue de la paix actuelle. Construit en 1836,
il est dit transporté hors commune en 1853. Le moulin
de Couillard, section M donc derrière l'Aumône, construit en 1851 fut démoli en
1913. Le moulin de Perdereau et Barberon, section D donc rue de la Fosse
Longue, construit en 1850, démoli
en 1872. Le moulin Prévost Fleury construit en 1856 section
M fut démoli en 1860. Les moulins de Popineau et d'Etienne Fouqueau qui
existaient déjà en 1834 furent démolis l'un en 1843, l'autre en 1862. La
jeunesse pouvait s'amuser puisque l'on note une salle de danse, rue des
Basroches, section M construite en 1854 par la famille Moreau.
Parmi les activités économiques disparues, il faut mentionner aussi les
fours à plâtre dont l'un était à Pont aux Moines à gauche en descendant au
milieu de la côte; les deux autres rue des Basroches à droite sur le plateau en
allant vers Bou, non loin l'un de l'autre; le premier exploité par Désiré
Lemesle, les deux autres par des familles Moreau.
30 juin 1841- Après quelques discussions, l'achat est conclu d'un grand
bâtiment sur la place du bourg. Il appartient à Monsieur Marcuez. Il s'agit de
l'ancienne propriété St. Martin; il deviendra l'école et la mairie jusqu'en
1983. Le prix est de 6500 francs. Si l'on compte 600 F. de frais d'enregistrement,
1.000F. d'intérêt et 2500 F. de frais d'appropriation,
le tout reviendra à 10600 F. On attend 3500 F. de l'état, le reste à la charge
de la commune.
10 août 1841-11 faut faire des réparations à la toiture du presbytère.
21 janvier 1844 - Monsieur Boucher de Molandon, propriétaire de Reuilly,
réclame le chemin de la butte Moreau; on lui refuse; c'est un chemin vicinal
qui existe de temps immémorial; c'est le seul qui communique avec Donnery
venant de Boigny. Pourtant à l'heure actuelle, ce chemin
n'est plus utilisé.
27 juillet 1845 - Les sapeurs pompiers ont eu des fusils anglais en 1831;
il faut que l'armement soit en rapport avec l'uniforme qui est celui de
l'artillerie; donc qu'on les remplace par 65 carabines ou fusils français et 40
sabres des plus élégants.
3 août 1845 - II faut leur fournir des casques; une pompe vient d'être
donnée par la compagnie d'assurance mutuelle. Il faut acheter un chariot, 4
haches et un sabre à scie : total 800 francs. On attend la participation du
préfet.
3 mai 1848 - II faut décider de l'uniforme de la garde nationale. Ce sera
une blouse tunique.
3 mai 1849 - Pour l'anniversaire de la proclamation de la République, on
vote 33 francs de secours à distribuer aux indigents.
3 juin 1849 - Des réparations urgentes sont à faire aux édifices du culte
et aux bâtiments communaux.
20 juillet 1851-11 faut réparer la tour de l'église.
27 juin 1852 - La vente des pierres provenant de la réparation du clocher a
produit la somme de 40,50 francs adjugés à Jules Deberne.
4 décembre 1852 -On vote 35 francs pour les indigents à l'occasion de la
proclamation de l'empire.
Voeu du conseil : Nous avons désiré ardemment le rétablissement de l'empire
héréditaire; nous l'avons obtenu grâce à Dieu et au peuple. Nous nous engageons
dans cette circonstance solennelle à appuyer de tout notre pouvoir le
gouvernement de celui qui, le 2 décembre sauva la société des horreurs de
l'anarchie.
22 septembre 1854 - Lettre au préfet pour le chemin de fer d'Orléans; il
sera nécessaire de faire à Mardié une station avec gare, en présence du canal
et de son port de débarquement, de son commerce important alimenté par un
vignoble qui produit en année commune au moins 1500 pièces de vin; en présence
de l'usine d'un moulin à eau, du bureau de la poste aux lettres et de la poste
aux chevaux, en présence enfin du commerce très actif de plusieurs magasins de
vin et vinaigre à Pont aux Moines et Donnery.
12 novembre 1854 - Les toitures de l'église et du presbytère nécessitent
des réparation! urgentes.
18 avril 1855 - Le maire refuse depuis cette date d'assister aux conseils
de Fabrique, il en es membre de droit et jusqu'à ce
jour les maires avaient toujours assisté aux réunions.
21 mars 1857 -II y a eu un incendie dans la mairie; une partie des archives
est brûlée.
mai 1858 - Le préfet invite l’évêque à agir sur le conseil de Fabrique pour
que des réparations soient faites au presbytère; un architecte va l'examiner;
on décide de ne faire que l'indispensable.
9 février 1860 - Le conseil accepte d'en faire un neuf; on cherche un
entrepreneur à qui on abandonne les vieux matériaux; on prévoit de grosses
difficultés pour le payer, même par annuités.
15 novembre 1866 - Monsieur de Molandon fait don à la commune d'une horloge
neuve.
23 juin 1867 - II est question de transférer à Chécy la poste de Pont aux
Moines : grosses protestations (le bureau date de 1830), allusions au relais de
la poste aux chevaux; Mardié est un point central pour Bou, Chécy, Donnery.
28 juillet 1867 - II est question d'établir la gratuité absolue dans les
écoles publiques; jusqu'ici les parents versaient une redevance et la commune
complétait le traitement. On fera aussi des cours d'adultes en hiver.
11 février 1869 - Sur le vu du tracé définitif du chemin de fer, le conseil
émet le voeu unanime qu'une gare soit établie à Pont aux Moines.
23 janvier 1870 - On proteste contre le projet (d’éloignement de la dite
gare; on redemande qu'elle soit placée au clos Binet.
L'année 1871 apporte les échos de la guerre. Voyons un peu en détail ces
opérations. Du 18 octobre 1870 au 2 mars 1871, selon la documentation d'époque,
environ 130.000 hommes et pas moins de 10.000 chevaux ont successivement logé à
Mardié; à Latingy 800 hommes et 10 chevaux se sont installés pendant 14 jours
en décembre 1870 et janvier 1871. Monsieur Guérin à la Perrière déclare plus de
5.000 francs de perte. Monsieur Duneau, aubergiste a perdu un
billard. Monsieur Prévost Fleuries au moulin à eau a logé
un major, un commandant; il a reçu des Prussiens et des Bavarois, officiers et
hommes de troupe. L'ennemi procéda à de nombreuses réquisitions : chevaux,
vaches, moutons, pièces de vin, poules, oies, paille etc... Avant et un peu
après l'armistice, c'est le pillage continuel.
En avril 1872, on dresse la liste des perdants à qui on alloue un
dédommagement en tant que victimes de guerre : il faut tout déclarer paille,
foin, blé, seigle, avoine, vaches, chevaux, vin, voitures et harnais, denrées
diverses, maisons détériorées, mobilier, linge, marchandises, vêtements, bois,
échalas, bateaux. Au total, il fut déclaré 358.483 francs de dégâts; en
réparation il sera alloué à la commune une somme de 317.749 francs; nous
recevrons un cadeau du Lord Maire de Londres : 358,20 francs.
Il faut rembourser 1.000 francs avancés par le sieur Jobet
pour payer les troupes allemandes.
Les bâtiments communaux ont souffert et sont à réparer d'urgence.
19 janvier 1873 - Un marchand de bois de Chécy demande une indemnité pour
vol de bois sur le port par les Prussiens; il s'agit de la deuxième invasion de
19 jours qui comprenait 7 à 8.000 soldats.
19 février 1873 - Nouvelle rumeur de déplacement de la poste : on redemande
qu'elle reste à Pont aux Moines.
30 mai 1873 - II faut refondre la cloche. L'inspecteur d'académie demande
un local plus convenable pour les classes; on va acheter un bâtiment situé à
l'est de l'école actuelle dépendant autrefois de la même propriété. Monsieur
Bénard Beulin, propriétaire, met longtemps à se décider à vendre.
4 février 1877 - II faut acheter un buste de la République.
5 août 1877 - Selon les lois et règlements en la matière on décide de faire
des concessions au cimetière : 15 ans, 30 ans et perpétuelles. Le bénéfice sera
réparti dans la proportion d'un tiers pour le bureau de bienfaisance et deux
tiers pour la commune.
6 mars 1881-On vend à l'amiable les ormes de la place du bourg.
10 juin 1883 - Un chariot à cheval a été livré pour la pompe à incendie, on
vendra donc le petit chariot à bras.
8 novembre 1883 - Alcide Deberne est nommé instructeur militaire pour
montrer l'exercice du fusil aux enfants des écoles. On ne possède que 12
fusils; c'est insuffisant; il faut en acheter 12 autres.
6 juin 1885 - Approbation des comptes de Fabrique; ceux ci sont présentés
chaque année à la municipalité.
10 juin 1888 - Le porche de l'église n'est plus nécessaire à l'exercice du
culte; on le démolira pour élargir le chemin : ainsi va disparaître un
important témoin de la vie publique sous l'ancien régime.
12 novembre 1888 - On demande que la société l'Orléanaise donne une pompe à
incendie; on mettra l'ancienne aux Breteaux. Il y a 67 pompiers dont 19 aux
Breteaux.
31 mai 1891-Le conseil donne son accord pour l'installation d'un bureau
télégraphique.
En 1892 on compte 43 personnes indigentes qui ont le traitement médical
gratuit; 24 enfants ont des fournitures scolaires gratuites.
7 février 1892 - On plantera 60 peupliers entre le pont de chemin de fer et
la Perrière, le long du canal.
29 mai 1893 - On demande l’installation du téléphone à Pont aux Moines pour
le commerce avec Paris et Orléans de vin, asperges, pommes de terre, tomates
etc...
15 novembre 1894 - Par suite de la sécheresse de 1893, plusieurs personnes
ont été obligés de vendre leur cheval ou leur âne.
17 juin 1896 - On va payer une tenue aux pompiers : veste, pantalon, képi,
ceinture. Coût de la dépense : 1.400 francs.
7 novembre 1897 - On demande que les enfants des Breteaux reviennent à
l'école de Mardié.
17 juin 1899 - On décide de construire un lavoir communal de 13 mètres;
chose qui est demandée depuis très longtemps.
10 juin 1900 - On va éclairer les nuits d'hiver par 12 lanternes avec
lampes à pétrole. On va couvrir le lavoir de Pont aux Moines et en faire un
autre au Gué Morin.
30 mai 1904 - Monsieur Desbrosses, maire, dans le but d'assurer l'ordre sur
la voie publique, interdit toute procession religieuse sur le territoire de la
commune.
1905 - Le service des Pompes Funèbres sera exploité en régie par la
commune.
1906 - On va remplacer la croix du cimetière par un monument aux morts de
la guerre- de 1870; il sera mis en place par Monsieur Gouin, entrepreneur et
coûtera 800 francs.
21 juin 1908 - On achète 3 lanternes avec accessoires pour éclairer à Pont
aux Moines, rue du Cheval Blanc et rue de Bou.
1909 - Le conseil émet un avis favorable pour la distribution de l'énergie
électrique: on projette d'installer 15 lampes sur la commune.
A l'occasion de la séparation de l'église et de l'état. Monsieur Maxime de
Beaucorps assigne la commune en revendication pour des objets de culte; ces
derniers sont rendus à leur propriétaire.
La liste électorale de 1862 donne 825 habitants avec 246 électeurs dont 145
sont vignerons, les autres électeurs se répartissent dans les professions
suivantes :
|
l éclusier |
2 charrons |
1 receveur du
canal |
|
l serrurier |
5 domestiques |
2 gardes |
|
16 journaliers |
l aubergiste |
1 maréchal |
|
l jardinier |
l tailleur d'habits |
2 taillandiers |
|
15 tonneliers |
l charpentier |
l négociant |
|
7 propriétaires |
l horloger |
l curé |
|
3 charretiers |
5 cultivateurs |
l tisserand |
|
l cerclier |
1 épicier |
1 facteur rural |
|
l instituteur |
2 boulangers |
2 marchands de porcs |
|
5 meuniers |
1 buraliste |
l plâtrier |
|
2 voituriers |
2 menuisiers |
l postillon |
|
3 cordonniers |
3 maçons |
|
A propos de cette liste, il faut se souvenir que les professions féminines
ne sont pas mentionnées puisqu'à cette époque les femmes n'étaient pas
électrices.
En 1869 on trouvera 845 habitants et le recensement de 1882 nous ramènera à
825 habitants. Toujours en 1882, il est remarquable de noter que 41 personnes
sont agées de plus de 70 ans dont 11 ont au moins 80 ans (l de 90 ans).
Relativement aux événements plus récents, nous pouvons utiliser les
souvenirs des anciens de la commune.
Il est amusant de noter que déjà en 1907, Monsieur Charles de Beaucorps se
plaint de la désertion des campagnes : les grandes villes dit-il sont des
mangeuses d'hommes, l'air y est vicié, les habitations trop étroites.
Monsieur M.... raconte qu'il existait une boulangerie à Latingy jusqu'après
1914. Les moulins à vent ont cessé de tourner un peu avant 1900; l'un d'eux a
été transporté du sud au nord de la rue des moulins sur des rouleaux. Dans sa
jeunesse il a connu toute cette hauteur couverte de vignes. Il y avait
autrefois une écurie relais pour diligence à la Folie (il n'a pas été possible
malheureusement de trouver trace écrite de ce fait). Au début du siècle un
sarcophage a été trouvé dans le cimetière, un autre en labourant dans les
terres de Latingy.
Une auberge de la Marine a longtemps existé sur la rive droite du canal :
on y recevait les ânes; mulets, chevaux qui tractaient les bateaux. Il reste
des auges dans les bâtiments. A côté était une vinaigrerie qui disparaît vers
1910; le père Ducloux utilisait un cheval pour puiser l'eau du canal et le
vinaigre partait par bateaux. La vinaigrerie que nous connaissons actuellement
au bourg est assez récente. Elle est devenue la salle polyvalente en 1983; les
bâtiments jouxtant l'habitation du propriétaire sont toujours existants.
Une maison au Poutyl porte une longue inscription racontant son histoire et
celle de ses différents propriétaires depuis 1501; la construction actuelle est
de 1869.
Monsieur R.... se souvient des dernières messageries qui ont cessé vers
1930; les voitures bâchées, tirées par des chevaux passaient plusieurs fois par
semaine venant de Bellegarde, Châteauneuf, Saint Denis; Elles n'avaient pas de
point d'arrêt mais livraient les marchandises au client à domicile. Il a
entendu parler du dernier moulin que le vent a fait tomber vers 1911. Il a
retrouvé la trace sur le terrain d'un très vieux moulin le long du sentier qui
descend à Pont
aux Moines au clos de l'Aumône.
Il parle de la légende (?) du chemin des bateliers : ceux-ci remontaient la
Loire à pieds depuis Nantes lorsque le bateau n'était plus utilisable; ce
sentier dont la commune garde la trace la traverse d'ouest en est sur la
hauteur depuis la croix de Simonet.
Il est assez amusant de lire le journal de Monsieur T.... daté du début du
XXème siècle; il est dommage qu'il ait été en partie perdu; il décrit au jour
le jour son mode de vie et celui-ci nous apparaît fort différent du nôtre
marqué par les travaux de la vigne, les caprices du temps et la lessive des
femmes, à peine une fois par mois. Au XIXème siècle dit-il, on se levait en été
à 3 heures et demi du matin pour aller travailler à la vigne et ce n'était pas
la journée de huit heures...
Nous voici arrivés dans le courant du XXème siècle et la suite des
événements est maintenant connue des habitants actuels de la commune.