PRECISIONS SUR QUELQUES DEPENDANCES

 

 

LA GAILLARDIERE

 

Nous avons vu comment, en 1663, Monsieur Christophe de Paris fit don de cette propriété à son maître Nicolas Courtin; il est possible d'en remonter un peu l'histoire. Dans la première moitié du XVIème siècle, le domaine était une métairie possédée en indivis par des membres de la famille Picault de Mardié de même que celle du Bouchet sa voisine du levant. Elle était tenue en censive de ces messieurs les chanoines du chapitre de Sainte Croix : 6 deniers l'arpent, sauf une autre pièce de 14 arpents qui devait le cens aux hoirs de Jehan Abraham notaire à Orléans.

 

Le domaine passa ensuite à Jacquette Bouard, épouse de noble homme Claude Hilaire, sieur de la Chaise, puis à leur fille Anne, épouse de Esprit Bouchet, greffier criminel au Parlement de Paris; celle-ci devenue veuve, vendit sa propriété à Vrain Bertrand, marchand vigneron à Mardié en 1615 : la métairie comprenait alors une modeste maison à demeurer avec four, chambre à vin, des bâtiments agricoles, étables à vaches et à boeufs, bergerie, grange, etc... le tout groupé autour d'une cour close en partie de murailles, jardin, terres labourables, prés et pâtis d'une contenance totale d'environ 118 arpents qui s'étendaient jusqu'à la rivière.

 

Au décès de Vrain Bertrand, le tout resta en communauté entre ses enfants mais fut exploité par Jeanne Bertrand, épouse Chariot; son frère Nicolas Bertrand fut nommé receveur et concierge de Latingy. Le maître d'hôtel Christophe de Paris prêta de l'argent aux Bertrand moyennant l'hypothèque sur la métairie pour travaux de maçonnerie.

 

Les Bertrand éprouvèrent des difficultés à payer leur dette et Christophe de Paris se fit adjuger la Gaillardière en 1639. La propriété était chargée de 2 rentes; l'une de 10 boisseaux et demi de seigle à un vigneron de Bon datant de 1604 et rachetée en 1643 par Christophe de Paris pour 52 livres 10 sols, l'autre de 14 boisseaux de seigle au profit du prieuré de la Conception d'Orléans, cette dernière ne fut rachetée que beaucoup plus tard par Monsieur Lasneau après

la Révolution.

 

Dans les actes d'état civil, nous trouvons plusieurs fois, Messire Christophe de Paris, ou bien honorable homme Christophe de Paris, seigneur de la Gaillardière et de la maison de Messire de Rozay seigneur de Latingy. Il figure comme parrain de nombreux enfants du pays.

 

FIEF DU BOUCHET

 

De l'ancien fief du Bouchet que nous avons vu réuni à Latingy en 1564, il ne reste à l'heure actuelle que le nom porté par une partie de bois dépendant de la Touche et de la Motte ou la Gaillardière dans laquelle se trouvent de larges fossés, recouverts d'un épais fourré de ronces et d'épines. Ces fossés forment une double enceinte, l'une rectangulaire de 60 mètres environ de long d'est en ouest sur 45 mètres de large du nord au sud; le tout entouré de fossés de 6 à 7 mètres de large avec un passage au midi; la seconde au nord-est de la première formant une butte vaguement circulaire également enclose de fossés, nettement plus petite que la première.

 

Il ne reste rien en fait des murs ou d'édifice quelconque, aucun vestige de la forteresse qui commandait au moyen âge la vallée du Cens et le chemin menant à Donnery. Un ancien de la commune. Monsieur Lucien Thibault a connu des personnes qui se souvenaient avoir vu la motte ronde plus importante et entourée d'eau, et, sur la motte carrée, des vestiges de bâtiments.

 

Au XIIIème siècle, le Bouchet était un fief tenu par Jean Goichet écuyer. Il passa, à sa mort, par droit de forfaiture à l’évêque d'Orléans, Pierre de Mornay, qui en 1289 en fit don à son clerc Mathieu de Barnage pour le remercier de ses bons et loyaux services. La donation comprenait la maison du Bouchet, bois, prés, vignes et 56 arpents de terre qui en dépendaient plus des cens et redevances féodales. Jean Goichet avait des vassaux : le maire de Mardié et d'autres personnes, ce qui constituait un fief noble. Le propriétaire du Bouchet avait un suzerain à qui il rendait foi et hommage : Simon de Marelle, écuyer, lui même vasal de l’évêque

 

La situation du Bouchet au XVIème siècle est fort obscure; on y trouve également un droit de suzeraineté d'un seigneur de Senives prés Pithiviers pour 52 arpents de terre pour lesquels existent des actes de foi et hommage jusqu'en 1790.

 

Au début du XVIème siècle, une famille de laboureurs et vignerons de Mardié, les Picault possédaient la métairie du Bouchet dont les bâtiments touchaient à l'enclôture des fossés et à celles des Gaillardières; en 1538, la propriété est indivise entre une quantité de cousins; et pour rassembler en une même main toutes ces parts, il ne restait comme ressource que la licitation : c'est ainsi que Claude Anjorrant put l'acquérir en 1564.

 

LE VIEUX CHATEAU

 

Ce n'est plus maintenant qu'un lieu dit de la commune et si l'histoire n'était pas là pour nous l'apprendre, nul ne se souviendrait que là était la demeure des anciens seigneurs de Mardié.

 

A la sortie du bourg, à main gauche du chemin qui conduit à Latingy, subsiste deux mottes de terre entourées de larges fossés. La tradition rapporte que ce fût là un lieu fortifié servant à l'époque féodale à la défense des habitants du bourg. Dès la fin du XVéme siècle, il n'y avait plus de château, la motte Bretauche fut réunie à Latingy ainsi que les droits seigneuriaux qui y étaient attachés. Ce fief relevait de l'évêque d'Orléans comme le prouve le droit de justice qu'il exerçait.

 

Nous n'avons rien de précis sur les seigneurs de Mardié avant le XVIème siècle, sinon des bribes d'histoire : Guillaume de Longueau, écuyer, seigneur de Parville, paroisse de Boynes possédait une maison à Mardié appelée Chantereine; elle passa à sa fille Philippe qui, en 1396, l'échangea à son frère; le père et le fils avaient-ils la qualité de seigneur? Où se situait cette maison? Il ne semble pas possible de le savoir.

 

Un acte de 1550 nous donne la description de la demeure de "Michel Dedhuys, autrement appelé le seigneur de Mardié" qui comporte 3 corps de maison, pressoir, grange, étable, bergerie, vacherie, porcherie, entourés de murs devant un grand portail, ouvrant sur la rue du cloître qui mène de Mardié à Jargeau, tenant de toutes parts aux vignes, jardins, et prés dépendants de la dite maison, le tout situé au lieu dit actuellement le Vieux Château. D'ailleurs le plan de Fleury de 1643 nous donne encore une disposition de bâtiments identique à cette description. Les archives de Latingy conservent le traité de mariage à Jargeau du 8 janvier 1530 par lequel "noble homme Michel Dedhuys, écuyer, seigneur en partie de Mardié promet d'épouser demoiselle Anne Le Picard fille de feu noble homme Gartien Le Picard, écuyer, seigneur de Rexelin. Il faut se souvenir que le Chapitre de Sainte Croix était seigneur spirituel et temporel de la paroisse.

 

Michel Dedhuys mourut jeune; il laissait une fille Jeanne qui eut pour tuteur noble homme Robert Colin, lequel épousa la mère de sa pupille et prit le titre de seigneur de Mardié et lorsque Jeanne devint la femme de Claude Colin, fils de feu Etienne Colin, seigneur de Corfeu, les futurs époux vendent à Robert Colin tous les biens, meubles, héritages, rentes et revenus appartenant à Jeanne pour la somme de 1.000 livres. Ceci comprenait : une maison à demeurer en la censive des hoirs de Jean Abraham (7 arpents) et une autre maison devant la précédente, en la censive du chapitre et quelques terres.

 

On ne parle pas de la maison seigneuriale : celle-ci avait été hypothéquée en 1539 en garantie d'une rente; ce fut l'origine d'un interminable procès qui dura de 1550 à 1565 et aboutit à l'acquisition du Vieux Château par Maître Claude Anjorrant en 1565. La maison fût saisie le 28 mars 1551, une vente judiciaire fut décidée, les criées et proclamations d'usage furent faites  le mercredi jour de marché à Jargeau, et l'annonce donnée au porche de l'église à l'issue de la grand messe. Des oppositions s'élevèrent mais une première adjudication eut lieu en 1554 en faveur de Charles Colin, écuyer, seigneur de Corfeux.

 

Ce dernier ne paya pas son enchère, d'où nouvelle procédure et nouvelle adjudication, et pendant ce temps la maison "tombait en grande ruine et décadence". C'est alors que Claude Anjorrant proposa une enchère, elle fût jugée insuffisante et l'affaire fut alors portée au Parlement de Paris où maître Anjorrant siégeait comme conseiller. Les choses traînèrent si bien que c'est seulement le 1er mars 1565 que le seigneur de Latingy fût confirmé dans sa possession du Vieux Château.

 

L'ancien manoir seigneurial n'était plus qu'une maison de vignes; on ne voit pas que les Anjorrant aient pris quelque part le titre de seigneur de Mardié. Par contre Messire Hue de Miromesnil revendiqua les droits de seigneur en partie de Mardié, ce qui portait ombrage à messieurs les chanoines. En juillet 1670, le chapitre lui proposait un concordat, mais il ne semble pas que cette démarche ait abouti : nous avons vu à ce sujet les incidents à propos du baptême d'une cloche en 1757.

 

LES SEIGNEURS DE MAIZIERE

 

Au début du XVIème siècle, Michel Sainxe, écuyer, est seigneur de Maizière, paroisse de Mardié. Les archives notariales ont fourni quelques traces de ce personnage. Il s'agit d'une famille de petite noblesse originaire de Ménestreau en Villette et installée à Pithiviers. Elle portait les armes "d'argent à 2 faces de gueule". En 1476, Nicolas Sainxe, fils de Berthault Sainxe est déjà seigneur de Maizières; les actes passés chez maître de Bruny, notaire à Jargeau vont de 1507 à 1518.

 

Il s'agit pour la plupart de baux à rente annuelle et perpétuelle au clos de Colmine, un demi arpent de terre labourable pour 8 sols parisis et une poule suzannée (?) et deux autres demi arpent au même clos - un arpent même clos encore pour 16 sols et un chapon suzannée bon et convenable - un arpent et demi de terre et buissons à la Fontaine Gony et un demi arpent au clos de Rougeaud - un arpent puis 2 arpents paroisse de Chécy.

 

On trouve aussi un bail à ferme pour 6 ans de 5 quartiers et demi de prés près le Pont aux Moines pour 10 sols tournois et 2 poules suzannées chaque année. Le locataire doit payer les cens et dîmes attachés à la terre qu'il loue.

 

On perd ensuite la trace de cette seigneurie qui a du tomber en roture et disparaître. Peut être n'a-t-elle jamais eu grande importance. Il est certain que la passation de baux à rente perpétuelle constituait un appauvrissement, les rentes diminuant en valeur du fait de la dépréciation de la monnaie : le petit seigneur a dû petit à petit se voir ainsi dépouillé de tout son bien.

 

LA PERRIERE

 

L'histoire de ce domaine est fort mouvementée et ne ressemble en rien à celle de Latingy. Il fit l'objet de nombreuses ventes, saisies et adjudications. Il faut distinguer le château de la Perrière, situé le long du canal et la maison de vignes, propriété assez importante.

 

En ce qui concerne le château, il s'appelait autrefois château Brébard ou Bribard, du nom d'un marchand bourgeois d'Orléans prénommé Clément qui en est le propriétaire en 1560. Il s'agit à cette époque d'une espèce de château fort dont il ne subsiste qu'un reste de vieille tour; son pied entouré d'un talus baigne dans l'eau d'une large douve alimentée par le canal. Cette douve sépare le jardin de la cour même du château; la propriété actuelle composée de deux corps de logis en équerre semble remonter fin XVIIIème, début XIXéme siècle : d'après un manuscrit de Pateau, il semblerait que la reconstruction ait été faite par Monsieur Geffrier de Neuvy, gendre de Monsieur Lasneau.

 

En 1579, François Brébar baptise son fils en l'église de Mardié, la marraine est Madeleine Brébar. En 1581, on trouve la trace à l'état civil de dame Arbel Brébar, marraine d'un enfant du pays.

 

Après Clément Brébar, le domaine passe pour plusieurs générations à la famille Bugy. Ces derniers se familiarisèrent avec la population; ils sont souvent parrains pour les baptêmes d'enfants de la paroisse.

 

Originaires de Blois où ils remplissaient des charges au Présidential et à la chambre des comptes, ils vinrent s'établir à Orléans dans la première moitié du XVIème siècle en la personne de Robert Bugy. Son fils, Jean Baptiste est le premier qualifié seigneur de la Réméré, puis Robert Bugy en 1625, conseiller du roi au baillage d'Orléans, en 1635 il y habite. Son fils Pierre Bugy y est aussi seigneur de la Perrière; commissaire des guerres, il meurt en Allemagne. Lui succède Charles Bugy, seigneur de la Perrière, conseiller du roi, procureur du roi au baillage et siège présidial d'Orléans.

 

En 1682, la propriété est mise en adjudication à la suite de difficultés financières de la famille Bugy : les débiteurs sont Michel Bugy prieur du Lion d'Angers et Pierre Bugy archiprêtre et chanoine de l'église d'Orléans; la vente est faite au profit de Jean Labouré, capitaine du Charroy des mullets de la Reyne, demeurant à Paris. Celui-ci ne garde pas longtemps la Perrière puisqu'on 1685, il la cède à Jacques Ogilby époux de Elisabeth Foubert.

 

Nous avons retrouvé cet acte qui nous donne une belle description des lieux : un grand corps de logis couvert d'ardoises avec une salle ayant cheminée, à côté une cuisine, vestibule entre deux, deux chambres hautes, grenier au dessus, un autre bâtiment où il y a un fournil couvert de tuiles, deux autres petites salles à côté joignant l'une l'autre, deux autres petites salles au dessus servant de garde-robes, grenier au dessus; un autre bâtiment couvert d'ardoises avec chambres et garde-robes, grenier dessus, escalier pour monter - un autre bâtiment couvert de thuiles servant de grange à mettre vin, écurie, petit hangar, un appentis en ruine, cave voûtée dans un bâtiment où il y a pressoir à faire vin- colombier - remise de carrosses - basse cour - toit à vaches, grande porte cochère pour entrer en la dite maison; jardin derrière le grand corps de logis; le tout enclos partie de murs, partie de fossés. Duquel lieu dépendent des terres et vignes à savoir : environ 32 arpents au total dont 6 en terre, 9 en vignes et 17 en prés.

 

La métairie de Genon qui y est attenante comprend environ 162 arpents dont 20 en taillis, 10 en prés et 132 en terre ce qui fait un total d'environ 195 arpents pour les deux propriétés, laquelle vente fut faite moyennant la somme de 10.500 livres tournois. La Perrière était chargée de deux rentes, l'une de 272 livres 14 sols 6 deniers, l'autre de 100 livres. Mentionnons que le vendeur a déclaré ne savoir signer...

 

En 1704, Jacques Ogilby, écuyer seigneur de la Perrière est inhumé dans l'église, proche les fonds baptismaux, près de dame Elisabeth Foubert, son épouse. Quant à cette dernière elle était décédée depuis le 14 juillet 1699. "elle a vécu toute sa vie dans la religion prétendue réformée, a déclaré vouloir mourir dans la religion catholique et a reçu l'extrême onction".

 

Par leur testament de 1703, tous deux laissèrent leurs possessions à Marie Payen leur nièce épouse de Jacques Deshault, conseiller et procureur de son altesse royale Monseigneur le duc d'Orléans, receveur général des droits du canal d'Orléans, demeurant paroisse et rue Ste Catherine à Orléans. Les nouveaux acquéreurs passent le 26 août 1720 une reconnaissance censuel à l'égard de messire Thomas Hue de Miromesnil, seigneur de Latingy, de 28 sols pour la Perrière et Genon, à droit de relevoison du denier 6 à toute mutation, 5 sols de défaut, faute de paiement au dit jour. Mais quelques pièces de terre dépendent du seigneur d'Allonnes

comme en témoignent les actes de foi et hommage pour un champ à la Bourdine et deux autres en la prairie de Pont aux Moines.

 

Devenue veuve. Marie Payen vendit son bien à Paul Mariette marchand bourgeois d'Orléans, époux de Marie Deloynes. Il meurt en 1739 à 71 ans; le curé indique qu'il a fait abjuration de la religion protestante dès sa jeunesse. Il est inhumé dans l'église vis à vis l'autel de la sainte vierge. Il en avait été de même pour son prédécesseur Jacques Deshault, bourgeois d'Orléans, procureur fiscal en la justice du canal d'Orléans en 1731, ainsi que deux de ses enfants : Marie

Deshaults en 1716 et Charlotte Deshaults en 1725.

 

En 1736, Paul Mariette porte foi et hommage au duc d'Orléans (puis sa veuve Marie Deloynes plus tard ainsi que ensuite Jean Nicolas de Brossard) pour deux censives réunies sous le nom de la Perrière, et un arpent de pré près la fontaine de Genon.

 

Marie Deloynes meurt à Orléans en 1768; le domaine passe alors aux mains de Jean Poussot, conseiller du roi, ancien inspecteur de police de la ville de Paris. En 1776, nouvelle vente à Jean Nicolas de Brossard et Anne Joseph Alexandre de Mathieu son épouse, demeurant à Moulins. Ceux-ci craignant les événements révolutionnaires vendirent la Perrière à Monsieur Nicolas Lasneau, déjà propriétaire de Latingy, le 23 mars 1791. Cette vente fut faite pour la

somme de 103.000 livres. A la propriété était jointe la ferme de Bonville.

 

Monsieur Lesneau y adjoint une petite maison appelée la Folie du clos de Pradon achetée à la famille Picault en 1791 et ensuite la métairie de Genon qui avait du être détachée de la Perrière par un précédent propriétaire.

 

Le partage de 1803 (29 novembre) après la mort de Monsieur Lasneau attribua la Perrière à sa fille épouse d'Ambroise Gefïrier de Neuvy. Ce dernier se fixa à la Perrière, il acquit dans le pays une situation influente et fut nommé maire sous la Restauration. Sa veuve mourut en 1837, nouveau partage entre Madame de Raucourt et Madame de Barbeyrac. Mais cette dernière vendit sa part à sa soeur ce qui évita le démembrement. Cependant Monsieur de Raucourt devait vendre Genon à Monsieur Boucher de Molandon, propriétaire de Reuilly.

 

La Perrière devait ensuite passer aux familles Champagne, Thillier, Guérin, Legrand, Lestang et enfin les propriétaires actuels.

 

Nous savons assez peu de choses sur la ferme, mais son histoire ne se confond nullement avec celle du château.

 

En 1602, on trouve dans les archives d'Allonnes une adjudication d'un lieu de vignes appelé la Perrière assis en la paroisse de Mardié consistant en un corps de logis couvert de thuiles et de chaume comprenant chambre basse avec four et garde-robe, grenier au dessus, puis une grange couverte de chaume avec pressoir à vin, cour et jardin derrière.

 

Cette description plus simple que celle de 1685 semble indiquer qu'il s'agit d'une autre maison. Elle appartient à la succession vacante de Gilles Franger, sieur de Pibranger; elle est adjugée pour 105 écus à messire Jacques Vallée, écuyer, seigneur des Barreaux.

 

On perd ensuite la trace pour la retrouver en 1730 où le domaine appartient à François Mariette, celui-ci le cède à bail perpétuel, ce qui équivaut à une vente, à Jacques Baudin, intéressé dans les fermes du roi, demeurant à Orléans, paroisse de St. Michel.

 

Ce dernier agrandit vite son domaine au moyen d'un bail à cens pour 5 arpents près de sa maison, plus 4 arpents et 3 quartiers à Beauregard. Puis le domaine changea rapidement de mains: les deux fils de Jacques Baudin le vendirent en 1781 à François et Marie Anne Boulhier qui à leur tour le cédèrent le 1er fructidor an VI pour 12.000 livres à Antoine Tremblay marchand de vin à Donnery. Ce dernier utilisa un terrain donnant sur le canal pour y construire en 1806 des magasins d'entrepôt pour les vins de la contrée dont il faisait commerce, le vin étant ainsi expédié sur Paris.

 

A sa mort en 1838, la ferme ait partagée en deux et monsieur Boucher de Molandon acquit ainsi la maison, le clos de vignes, en tout 11 hectares en 1840 pour 36.000 francs. Le reste, magasin et autre, jardin, prés, situé entre la rue et le canal, soit environ l hectare fut vendu à Monsieur Ronceray pour 11.240 francs.

Il semble donc que les propriétaires actuels aient acheté leur bien à ces deux dernières familles.

 

 

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